mercredi 24 décembre 2008

Maurice Gouiran, Les Vrais durs meurent aussi



Quatrième de couverture :


Qu’un légionnaire assassiné nous entraîne dans les méandres de la Guerre d’Algérie… passe encore ! Mais quand deux, trois, puis quatre de ces mercenaires à la retraite sont retrouvés égorgés, difficile d’imaginer que d’autres guerres plus anciennes, l’Indochine ou la 2e Guerre Mondiale, puissent en être la cause ! Et pourtant…

Des faubourgs d’Alger au trésor des nazis, du delta du Mékong aux lacs autrichiens, de New York au camp des Oubliés, Clovis, égal à lui-même, va parcourir le monde et relire l’Histoire afin de démêler ce sac de nœuds aux racines obscures.

Mais quel est donc le lien entre les piliers du Beau Bar, ces virils baroudeurs et la Madone de Botticelli ?


Mon avis :


Ce livre est critiqué dans le cadre de l’opération Masse Critique du site Babelio.com.

Je suis très mitigé au sujet de ce livre. J’ai failli le lâcher au bout de quelques pages, tant le langage marseillais me gênait, à l’entendre c’est très agréable mais à le lire c’est beaucoup plus difficile, manquait un glossaire en fin de livre. Je me suis aussi dit au début du livre que ce n’était qu’un vulgaire roman de gare : on lit, on jette.

Plus j’avançais dans la lecture, plus je révisais mon jugement. Certes, je n’en ferais pas un de mes meilleurs livres de l’année, mais en grattant un peu la superficialité marseillaise qui sert de vernis à l’action du livre, on trouve un certain fond à ce roman. L’auteur y traite du lien qui se crée entre les hommes à la guerre, souvent un lien indéfectible, mais aussi de l’attitude plus que cavalière à l’encontre des réfugiés d’Indochine qui ont été parqués dans ce qui ressemble beaucoup à un camp de concentration (même si personne ne voudra jamais accepter cette appellation tant elle est chargée de sens), ces réfugiés étant, selon l’auteur, encore moins bien traités que les Harkis.

Au final, c’est un livre qui se laisse livre malgré ses défauts…



Harlan Coben, Dans les Bois



Quatrième de couverture :


Paul, jeune procureur, a connu bien des drames dans sa vie, mais sa douleur la plus vive reste la disparition de sa sœur adolescente, 20 ans plus tôt, dans les bois où a sévi un tueur en série. Lorsqu’il est appelé pour l’identification d’un corps, le passé – ses questions, ses secrets, ses menaces – ressurgit. La victime n’est autre qu’un des garçons qui avaient disparu à l’époque. S’il était en vie tout ce temps, sa sœur l’est-elle aussi ?


Mon avis :


J’ai retrouvé Harlan Coben avec un plaisir non dissimulé. Une fois de plus j’ai dévoré ce roman, ne le lâchant uniquement parce que le sommeil était le plus fort. J’ai retrouvé tout ce qui fait que je suis vite devenu fan de cet auteur : intrigue, action, rebondissements. Sans qu’il dispose d’un style hors du commun, ses livres sont diablement bien écrits et efficaces. Encore une fois, jusqu’aux dernières pages on n’est sûrs de rien. Si je devais faire un seul (petit) reproche à Harlan Coben, c’est que j’ai retrouvé un schéma relativement similaire à Ne le dis à personne, notamment au niveau du héros : un homme en proie au chagrin après la perte de sa femme.

Edna O'Brien, Dans la Forêt



Quatrième de couverture :


A la mort de sa mère, Michen s’enferme dans une solitude et une violence qui le conduisent tout droit en maison de correction. Des années plus tard, c’est un être instable et ravagé par l’enfermement qui revient semer le trouble dans le petit village irlandais qui l’a vu naître. Michen vole, menace, insulte la population, qui reste pétrifiée entre pitié et répulsion jusqu’à ce qu’il commette l’irréparable. Mû par une force incontrôlable et les voix qui ne le quittent jamais, il entraîne malgré eux une jeune femme et son fils dans les ténèbres du bois de Clooch. S’inspirant d’un fait divers qui bouleversa un petit village des tourbières irlandaises, Edna O’Brien décrit dans une écriture syncopée et polyphonique le délire psychotique d’un meurtrier, puis traque pas à pas son effort de rédemption.


Mon avis :


J’ai beaucoup aimé ce court roman. L’écriture est très nerveuse, ne laissant jamais un moment de répit au lecteur. On suit le parcours de ce paumé : on comprend pourquoi de simple délinquant il est devenu un meurtrier fou, on assiste à sa descente aux enfers.

Avec Edna O’Brien on pénètre dans la société irlandaise, ses mœurs, ses travers, ses démons, ses codes, ses interdits.

On ne peut pas ressortir de ce livre sans un sentiment de malaise que l’auteur a su créer tout au long de son récit.

Romain Sardou, L'Eclat de Dieu



Quatrième de couverture :


Au plus profond des souterrains de Jérusalem attend depuis toujours un objet propre à changer la face du monde : l’Eclat de Dieu…

C’est en tout cas ce que suspectent neuf chevaliers prêts à risquer leur vie pour le ramener au grand jour. Et quand, en 1099, la nouvelle tant attendue de la libération de Jérusalem tombe enfin, les chevaliers promettent protection et assistance aux milliers de pèlerins qui tenteront de rejoindre la Terre Sainte. Un gigantesque pèlerinage s’organise sous leurs ordres, qui leur permet de dissimuler le véritable but de leur voyage.

Mais l’un des neuf chevaliers est assassiné, juste avant le départ. Maladresse ou volonté, il laisse à son neveu Cosimo des lettres évoquant ce secret enfoui en Terre Sainte, un secret que possédait déjà le roi Salomon… Très vite le jeune homme découvre que son oncle a tout organisé comme s’il devait ne jamais revenir de ce pèlerinage. Pourquoi ?

A l’insu de tous, Cosimo se glisse dans l’un des convois de pèlerins, bien décidé à comprendre.

Que vont-ils chercher à Jérusalem ?


Mon avis :


Il s’agit là, très certainement, de mon nanard de l’année. J’ai trouvé ce livre très mauvais et j’ai été très déçu, je m’attendais à beaucoup mieux de la part de Romain Sardou dont j’avais bien apprécié le premier roman (« Pardonnez nos offenses »). On assiste ici à un mélange très peu subtil entre roman historique et science fiction. Du moins si j’étais écrivain je n’aurais pas tenté cela de cette manière. L’auteur passe sans prévenir du Moyen Âge à un futur sans date. On est avec les Croisés dans le convoi et on ne sait pas trop par quel tour de magie on retrouve les mêmes dans un vaisseau spatial (d’ailleurs toute la partie spatiale a un fort arrière-goût de Star-Trek). Je reproche à Sardou son manque de subtilité dans les transitions spatio-temporelles. Et surtout, je lui reproche de ne pas m’avoir embarqué dans son histoire. J’espère qu’il a fait mieux depuis.

vendredi 19 décembre 2008

Denise Mina, Sanctum



Quatrième de couverture :

Glasgow. Années 1990. Accusée d’avoir assassiné Andrew Gow, un tueur en série surnommé l’Ecorcheur du fleuve, la psychiatre Susie Harriot encourt la perpétuité. Comment cette éminente spécialiste a-t-elle pu commettre un tel acte : sectionner la langue de son patient avant de le laisser se vider de son sang ? Pour Lachlan, son mari, il s’agit d’une erreur judiciaire.

Décidé à prouver son innocence, il découvre peu à peu des zones d’ombres qui ébranlent ses certitudes. Mais impossible de renoncer à affronter la vérité. D’autant plus que si Susie n’est pas coupable d’un meurtre, elle l’est peut-être d’une faute encore plus terrible. Qui exige aussi que justice soit faite.


Mon avis :


Sanctum est un roman policier de très bonne facture mais qui n’apporte rien de nouveau au genre, il reste très classique en fait. J’ai bien aimé ce livre, les personnages sont attachants, l’action est rondement menée, ponctuée de petites pointes d’humour. Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Ce qui me cause problème c’est qu’à force d’accumuler les romans de ce genre j’en deviens de plus en plus exigeant, et j’ai de plus en plus de mal à me contenter d’un polar classique. Mais, à l’occasion, je lirais d’autres ouvrages de Denise Mina.

Stephen King, Histoire de Lisey



Quatrième de couverture :

Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration. A sa mort, désemparée, Lisey s’immerge dans les papiers laissés par Scott, s’enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu’il fréquentait…


Mon avis :


Encore un livre qui me laisse mitigé. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans. Une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé l’écriture de Stephen King trop fouillis à mon goût – on pourrait même dire trop « touffue » - j’ai eu beaucoup de mal à me repérer dans l’histoire, d’autant plus que, fréquemment, il « saute » d’une scène à l’autre sans prévenir. Cela m’a déstabilisé un peu (j’aime que les livres aient une structure relativement bien visible).

L’histoire, quant à elle, reste du Stephen King classique : on retrouve dans le roman tout ce qui fait que Stephen King est Stephen King : le passage progressif d’une situation on ne peut plus réelle à une atmosphère fantastique, angoissante, où l’irréel n’est jamais loin, le thème de l’enfance, si cher à King, et le tout se passe dans l’Amérique profonde, cette Amérique simple qui m’attire tant.

Malgré les critiques que j’ai pu apporter j’ai quand même apprécié ce livre, sûrement parce qu’avec Stephen King j’étais en terrain connu. Mais, à mon sens, il ne s’agit pas de son meilleur livre, contrairement à ce que la critique a pu en dire. Pour résumer, je dirais que ce livre est un peu trop « bordélique » à mon goût…