lundi 14 septembre 2009

Daniel Mendelsohn, Les Disparus



Quatrième de couverture :


Enfant déjà, Daniel Mendelsohn savait que son grand-oncle Shmiel, sa femme et leurs quatre filles avaient été tués dans l’Est de la Pologne en 1941. Plus tard, il découvre des lettres désespérées de Shmiel à son frère, installé en Amérique. Des lettres pressant sa famille de les aider, des lettres demeurées sans réponse…

Parce qu’il a voulu donner un visage à ces six disparus, Daniel Mendelsohn est parti sur leurs traces. Cette quête, il en a fait un puzzle vertigineux, un roman policier haletant, une plongée dans l’histoire et l’oubli – un chef d’œuvre.



Mon avis :


Je retombe, une fois de plus dans l’une des périodes de notre histoire qui me passionne le plus – l’une des plus sombres, si ce n’est la plus sombre – la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Si je m’intéresse autant à cette période c’est, sans doute, pour tenter de comprendre pourquoi l’homme a été capable de tels actes, mais c’est aussi pour ne pas oublier ce drame et contribuer, avec mes très modestes moyens, à faire en sorte que cela ne se reproduise jamais.

A de nombreuses reprises j’ai failli abandonner ce livre, sa monumentalité me faisait peur – il m’a d’ailleurs fallu presque trois semaines pour en venir à bout – d’autant que certains passages m’ont profondément ennuyé. Pourtant je me suis accroché et, au bout du compte, je ne regrette pas d’avoir mené cette lecture à son terme. L’auteur a réussi à faire de cette histoire familiale qui, lorsque l’on regarde l’ampleur de la Shoah (près de six millions de morts), n’est en fait qu’une histoire assez banale, un grand livre. Mendelsohn a réussi à combiner la petite histoire à la grande Histoire, chose qui n’est pas toujours aisée.

Ce livre n’est pas un simple livre d’histoire ni, non plus, un simple récit journalistique. On suit l’auteur au fil de ses pérégrinations pour connaître – et comprendre – ce qui est arrivé à cette branche disparue de sa famille et tour à tour le livre devient un récit de voyage, un livre historique, un roman policier, un recueil de culture juive et Yddish, un livre de témoignage (en effet il a rencontré les quelques survivants du village-berceau de sa famille). Si ce livre est un mémorial familial il est aussi un mémorial dressé à tous ceux qui ont souffert de cette période, vivants ou morts.

A lire pour ne pas oublier…

dimanche 16 août 2009

Mathias Malzieu, La Mécanique du coeur



Quatrième de couverture :


Edimbourg, 1874 : le jour le plus froid du monde. Lorsque Jack naît, son cœur gelé se brise immédiatement. La sage-femme le remplace par une horloge et le sauve. Depuis lors, il doit prendre soin d’en remonter chaque matin le mécanisme. Mais gare aux passions ! Le regard de braise d’une petite chanteuse andalouse va mettre le cœur de Jack à rude épreuve…

Un conte initiatique cruel et merveilleux.


L’auteur :


Mathias Malzieu est né en 1974 à Montpellier. Après une carrière avortée de tennisman et des études de cinéma délaissées au profit de la musique, il devient une figure phare du rock français avec le groupe Dionysos, pour lequel il écrit, compose et interprète les chansons. Amateur de sensations fortes, ce sont en grande partie ses impressionnantes prestations live qui l’ont propulsé sur le devant de la scène.

Peu enclin à choisir entre sa vocation de chanteur déjanté et celle d’auteur décalé, c’est tout naturellement qu’il décide de mêler les deux, en rédigeant un recueil de nouvelles, 38 mini westerns (avec des fantômes), un émouvant roman autobiographique (Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi), accompagné d’un album reprenant les principales thématiques et les personnages de l’ouvrage, puis La Mécanique du cœur, ainsi que sa bande originale éponyme.


Mon avis :


J’ai commencé par acheter ce livre plus ou moins par hasard, en farfouillant dans les bacs promotionnels de livres qui fleurissent dans les supermarchés en cette période estivale. Puis, tout aussi par hasard je suis tombé sur la bande originale de ce livre en cherchant une autre chanson du groupe Dionysos. J’ai écouté l’une, lu l’autre. Je suis sous le charme des deux.

Avec La Mécanique du cœur on fait un saut direct chez Tim Burton. On y retrouve la même excentricité, la même folie (d’ailleurs, ce roman devrait être bientôt adapté au cinéma et je verrais bien Johnny Depp dans le rôle de Méliès), mais aussi la même noirceur.

Le thème est er reste universel : l’amour !!! (comme dirait George Clooney : « What else ? »). Ou plutôt comment être amoureux lorsque l’on est différent ? On s’attache très vite aux différents personnages, et l’on ressort bien triste de la lecture de ce livre !!!

Pour ne rien gâcher, les livres qui ont leur propre bande originale ne sont pas légion. J’ai beaucoup aimé cet album de Dionysos, groupe que je ne connaissais pas plus que ça. Bref, une fois de plus tous les ingrédients sont réunis pour passer un très agréable moment de lecture.

Mary Ann Shaffer & Annie Barrows, Le Cercle Littéraire des Amateurs d'épluchures de patates



Quatrième de couverture :


« Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu’à leur lecteur idéal… »

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d’un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l’occupant allemand : le « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté débordante de charme, d’humour, d’humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey…


Mon avis :


Attention !!! Chef-d’œuvre en vue !!!

Sans aucun doute possible Le Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates est mon coup de cœur de l’année, et il sera très difficile à détrôner. Ce livre est drôle, touchant, émouvant, totalement excentrique…

J’avoue qu’en feuilletant le livre avant de le lire j’étais relativement sceptique : un roman construit uniquement autour d’un échange de lettres me laissait dubitatif et ne m’attirait pas forcément. Dès les premières pages mon avis a radicalement changé. Tout me plait dans ce livre : le style, simple et haut en couleurs, l’humour, les thèmes évoqués (la Seconde Guerre mondiale, l’Occupation, l’Amour…), et surtout le lieu : une île !!! J’ai un énorme faible pour les romans dont l’action se situe sur une île (très certainement à cause d’un de mes rêves qui est d’habiter sur une île, pas forcément déserte d’ailleurs).

On se prend très rapidement d’affection pour tous les personnages, qui sont tous plus attachants les uns que les autres.

J’ai surtout été touché par la bonté, l’humanité qui se dégagent de ce livre qui, jamais ne tombe dans le péché de dégouliner de bons sentiments. Ce genre de livre est absolument nécessaire pour lutter contre la morosité et pour redonner le moral. Sans aucun doute possible, je le relirai, à plusieurs reprises, il est d’ailleurs appelé à devenir mon livre de chevet.

J’ai seulement deux regrets : qu’il se lise aussi rapidement, on n’a pas envie de quitter ce groupe de personnages. Mon second regret c’est de savoir qu’il n’y aura probablement pas de suite puisque l’une des deux auteurs – Mary Ann Shaffer – est décédée peu après avoir appris que son livre allait être publié.

Un livre à mettre sous tous les bons yeux !!!

Au pif !



Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme.
En variant le ton,-par exemple, tenez:
Agressif: " Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! "
Amical: " Mais il doit tremper dans votre tasse !
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap! "
Descriptif: " C'est un roc ! . .. c'est un pic ! . . . c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ?. .. C'est une péninsule ! "
Curieux: " De quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, Monsieur, ou de boite à ciseaux ? "
Gracieux: " Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? "
Truculent: " Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? "
Prévenant: " Gardez-vous, votre tête entrainée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! "
Tendre: " Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! "
Pédant: " L'animal seul, Monsieur, qu'Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamelos
Dût avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! "
Cavalier: " Quoi, I'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode! " ,
Emphatique: " Aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! "
Dramatique: " C'est la Mer Rouge quand il saigne ! "
Admiratif: " Pour un parfumeur, quelle enseigne ! "
Lyrique: " Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? "
Naïf: " Ce monument, quand le visite-t-on ? "
Respectueux: " Souffrez, Monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue! "
Campagnard: " He, arde ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! "
Militaire: " Pointez contre cavalerie ! "
Pratique: " Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot! "
Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:
" Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître! "
- Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit:
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot: sot!
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, I'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.

James Herbert, Les Autres



Quatrième de couverture :


Nicholas Dismas est un détective privé comme vous n’en avez jamais rencontré : né avec de terribles difformités, il compense la dureté de sa vie par un humour désabusé et la compagnie des drogues et de l’alcool. Engagé pour retrouver un bébé disparu, probablement enlevé à sa mère à la naissance, il lève peu à peu le voile sur des faits troublants ayant eu lieu dans le milieu hospitalier et qui ne sont peut-être pas tout à fait du passé.

Mais Dismas n’est-il pas lui-même porteur d’un secret qu’il ignore ? Au cours de son enquête, il est assailli par des manifestations paranormales : est-il en train de passer sous l’emprise des « Autres » ? En tout cas, il fera tout pour atteindre une révélation plus effroyable et choquante que tout ce que vous pouvez imaginer…



Mon avis :


J’attendais beaucoup mieux de ce livre dans la lecture duquel je me suis profondément ennuyé. L’auteur a beaucoup trop insisté sur les états d’âme de son héros, partant dans des verbiages totalement inutiles. Le héros de ce livre, Nicholas Dismas, est un mélange de Sherlock Holmes et de John Merrick (« Elephant Man »), je ne l’ai absolument pas trouvé crédible, tout comme l’intrigue de ce livre, même si elle est rondement ficelée il y a trop de lieux communs et de prévisibilité. Enfin, le côté « galerie des monstres » m’a, lui aussi, énormément déplu, trop vu et trop lu. J’espérais plus de nouveautés avec ce livre, plus d’originalité. Ce n’est donc pas vers James Herbert que je devrais me tourner pour en trouver.

samedi 15 août 2009

Jasper Fforde, Sauvez Hamlet !



Quatrième de couverture :


Retour à Swindon, dans le Monde Extérieur, pour la célèbre détective littéraire Thursday Next désireuse d’offrir à son fils, Friday, une vie paisible… Le vœu pieux dans toute sa splendeur ! D’abord, elle n’aurait jamais dû accepter d’embarquer Hamlet dans la réalité. Rongé par ses états d’âme et tellement soucieux de savoir ce que les gens pensent de lui, il s’incruste chez les Next, flirte avec Lady Hamilton, pendant qu’en son absence Ophélie fomente une révolution dans la pièce éponyme de Shakespeare. En fait de vie calme, Thursday aura à peine quelques jours pour régler le problème Hamlet, récupérer Landen, son mari éradiqué par Goliath, et empêcher le redoutable Yorrick Kaine de déclencher un cataclysme planétaire. Sauver le monde ? Pas de problème, Thursday a l’habitude… Mais qui va garder Friday ?


Mon avis :


Retour dans les aventures rocambolesques de Thursday Next, et toujours avec le même plaisir. Les situations sont toujours aussi cocasses, les personnages toujours aussi attachants et l’humour reste au rendez-vous. Une vraie bouffée d’air frais qui permet de se vider la tête dans le monde (déjanté) des livres… Vite, la suite !!!

Staurt Palmer, Quatre de perdues



Quatrième de couverture :


A la fin des années 40, Miss Hildegarde Withers a pris sa retraite d’institutrice et peut enfin se consacrer à plein temps à sa passion de l’enquête. Ce qui n’est pas sans inquiéter Oscar Piper, inspecteur de la police de New York et complice malgré lui de cette « tornade » ! Alice, une amie d’Hildegarde, a disparu après son passage à l’hôtel Grandee. Trois autres femmes ayant séjourné dans cet hôtel semblent avoir subi le même sort. N’écoutant que son courage, cette Miss Marple made in USA, flanquée de Jeeps, la jeune et délurée nièce d’Alice, décide de servir d’appât et s’installe à l’hôtel…


Mon avis :


Un livre sans grand intérêt, si ce n’est celui de faire agréablement passer le temps. On est loin du talent d’Agatha Christie. J’ai trouvé l’intrigue relativement plate et les personnages sans grand intérêt. Malgré tout, cela se laisse lire… surtout si on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent.

mardi 14 juillet 2009

Stephen Carter, La Dame Noire


Livre critiqué dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.com

Quatrième de couverture :


Ils sont beaux, riches, puissants, familiers de la Maison Blanche… Julia et Lemaster Carlyle forment l’un des couples africains-américains les plus jalousés de Nouvelle-Angleterre, ce bastion de la « blanchitude ». Un soir, alors qu’ils rentrent d’une réception à New England, la prestigieuse université que Lemaster dirige, ils sont pris dans une tempête de neige et leur voiture quitte la route. Près du lieu de l’accident ils découvrent un cadavre. Julia, horrifiée, reconnaît le corps de son ancien amant, l’éminent économiste noir Kellen Zant.

Ravivant les plaies de la question raciale, ce crime va avoir sur la petite ville universitaire et sur chaque membre de la famille Carlyle des conséquences dévastatrices dont l’onde de choc se propagera jusqu’au Bureau ovale. Car l’enquête sur le meurtre de Kellen lève le voile sur un autre, vieux de trente ans, qui semble impliquer Lemaster et son ami le Président…


Mon avis :


J’ai eu très peur en commençant ce livre : j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’action et j’ai surtout eu peur que ce second roman de Stephen Carter ne soit qu’une copie du premier. Le début de l’histoire est très centré sur le personnage de Lemaster Carlyle qui est un personnage détestable : hautain, prétentieux, froid, qui a toujours raison et qui n’a, semble-t-il, qu’un seul but, celui d’imposer à tous ses opinions et ses décisions. Carter en a fait un personnage trop lisse à mon goût, trop parfait. Heureusement, très rapidement, l’auteur recentre son histoire sur Julia, l’épouse de Lemaster. Julia est un personnage beaucoup moins lisse que son mari, on navigue dans les eaux troubles de cette histoire en compagnie de cette femme dont les failles vont se révéler au lecteur et qui va se battre pour tenter de sauver une famille vouée au chaos.

On retrouve dans ce livre le thème de prédilection de l’auteur : la partie supérieure de la classe noire américaine, que j’ai trouvée tout aussi puante que son homologue blanche, mais aussi la lutte pour l’égalité, au final des thèmes classiques aux Etats-Unis.

J’ai aimé l’écriture de ce roman qui se laisse lire tout seul. Au final, je me suis régalé avec ce livre que je redoutais ne pas aimer au premier regard : comme quoi il faut toujours gratter un peu le vernis…

Arnaldur Indridason, L'Homme du Lac


Quatrième de couverture :


En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractère cyrilliques à demi effacés. Le commissaire Erlendur et son équipe s’intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l’enquête vers les ambassades des pays de l’ex bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l’Est pendant la Guerre Froide.

Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisé par la découverte de l’absurdité d’un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.

Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et ému par l’amour fidèle d’une crémière abandonné, s’obstinera à remonter la piste de l’homme du lac, dont il finira par découvrir le terrible secret.


Mon avis :


Je fais un vœu, c’est le premier roman d’un auteur islandais que je lis. En plus j’ai beaucoup apprécié ce livre non pas tant pour l’intrigue, qui est digne d’un très bon roman policier, mais plus pour le contexte socioculturel qui y est dépeint. En effet l’Islande est un pays qu’on connaît assez mal (si on met Björk de côté). J’y ai appris un certain nombre de choses sur ce pays, informations qui ne sont certes pas capitales mais qui donnent envie d’explorer un peu plus une culture autre que la notre. Par exemple, je ne savais pas que les Islandais n’utilisaient pas de nom de famille ou encore j’ai appris que dans les années 60 la télévision n’émettait aucun programme durant les vacances scolaires (trop dur !!!).

J’ai aussi apprécié la structure du roman avec d’un côté l’intrigue policière en elle-même et, de l’autre côté, le récit des années 60, la plongée dans le communisme en Allemagne de l’Est qui était certainement le régime le plus dur parmi les pays communistes de l’époque. Bref, un bon livre à lire pour passer un très bon moment et partir à la découverte de l’inconnu. Indridason fait désormais partie de ma liste d’auteurs à lire…

Stephen King, Shining



Quatrième de couverture :


Jack Torrance n’imaginait sans doute pas ce qui l’attendrait le jour où il décida de postuler pour ce boulot de gardien. Il s’agissait de veiller à l’entretien de l’Overlook, un grand hôtel du Colorado, pendant la saison d’hiver, une fois l’établissement fermé à la clientèle. Il s’y installerait avec sa femme Wendy et leur jeune fils, Danny. Et dès lors, ils seraient coupés du monde…

Un isolement dont Jack a bien besoin, lui qui s’apprête à écrire un nouveau livre. Mais un isolement qui a vite raison de sa santé mentale. Il faut dire que le palace semble « possédé », pour avoir été le théâtre d’événements dramatiques et de morts violentes. Et Danny, qui a des talents de médium, ressent bien vite le danger que les fantômes du passé font peser sur sa famille…

Mais cela suffit-il à justifier la soudaine folie meurtrière de Jack ?



Mon avis :


J’ai été très déçu par ce Stephen King. J’ai très certainement commis une erreur en regardant le film de Kubrick avant de lire le livre. J’ai détesté le film (pour être totalement honnête j’ai beaucoup de mal avec Kubrick) – film qui n’a pas su recréer l’ambiance si particulière qu’on retrouve chez King. Il faut dire aussi que j’ai beaucoup de mal avec le cinéma des années 70, je trouve qu’il y a une très mauvaise qualité d’image dans les films de ces années-là.

Pour revenir au livre j’ai donc été fort déçu, la faute à Kubrick, mais pas totalement. Je n’ai pas adhéré à l’histoire alors qu’au départ elle avait tout pour me plaire : un petit groupe isolé dans un lieu splendide, le huis-clos et surtout la tension qui s’installe petit à petit jusqu’à devenir intenable. C’est le personnage de Jack Torrance qui m’a le plus déplu, il est beaucoup trop stéréotypé dès le départ : un ancien alcoolique, homme violent qui ne sait pas contrôler ses pulsions et qui devient totalement fou au fil de l’histoire. C’était trop évident et, pour moi, trop facile dans le schéma narratif de King. J’aurais préféré que ce soit Wendy, la mère, qui succombe à la folie.

Le personnage de Danny m’a aussi gêné. J’ai trouvé que Stephen King en faisant parler ce petit garçon, de seulement six ans, le faisait parler comme un adulte, du coup je n’ai pas cru une seconde à ce personnage.

Au final je suis sorti de ce livre très frustré puisqu’il n’a pas répondu aux promesses que le résumé a fait miroiter à mes yeux. Je retiens surtout une chose : ne plus jamais lire un livre après en avoir vu le film…

samedi 9 mai 2009

Karine Giebel, Les Morsures de l'Ombre



Quatrième de couverture :


Une femme. Rousse, plutôt charmante.

Oui, il se souvient. Un peu…

Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre.

Il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir.


Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur.

Une femme le retient prisonnier. L’observe. Le provoque. Lui fait mal.

Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ?

Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s’est déclenché.

Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l’ombre ?


Mon avis :


Un thriller absolument époustouflant. Peut-être n’est-ce pas le chef-d’œuvre du siècle au niveau du style, mais en ce qui concerne l’action, les personnages, la tension, Karine Giebel – que je ne connaissais pas jusqu’à ce livre – n’a rien à envier aux plus grands. Elle nous tient en haleine de la première à la dernière page. Sur beaucoup de points, il y a énormément de ressemblances avec Misery de Stephen King et, à mon avis, le livre tient largement la comparaison. Ce que j’ai beaucoup aimé c’est que aucun personnage n’est totalement blanc, tous ont quelque chose à se reprocher. Ca fait du bien d’être confronté à des personnages qui ne sont pas lisses comme du marbre. Un livre, relativement court, mais qu’on n’arrive pas à lâcher une fois qu’on a mis le nez dedans.

Harlan Coben, Sans un mot



Quatrième de couverture :


Jusqu’à quel point connaît-on réellement son enfant ? Mike et Tia ne cessent de se poser la question. Depuis le suicide de Spencer, son meilleur ami, Adam, leur fils de 16 ans, est sombre et renfermé, ne se confiant qu’à son ordinateur. L’ordinateur justement, que sous couvert de protéger leur fils, Mike et Tia décident d’espionner. « Boucle-la et tu ne risques rien » : voilà le message inquiétant qu’ils y découvrent. Quand il s’avère que Spencer n’était pas seul le soir de sa mort et alors que ses parents s’interrogent sur leur fils, Adam disparaît sans un mot…


Mon avis :


Il n’est, forcément, pas très objectif, étant donné que je suis fan de ce qu’écrit Harlan Coben. Une fois de plus j’ai adoré. Je me suis laissé emporter par ce roman et ai eu beaucoup de mal à le lâcher, Coben utilisant une fois de plus un thème très original comme base de son histoire. Il faut bien l’avouer, les bases restent les mêmes, une histoire de famille dont l’homme da ladite famille est le héros, le sauveur. Pour l’instant je ne m’en lasse pas car à chaque fois je me laisse piéger, et n’ai eu qu’une hâte, le terminer.

Jasper Fforde, Délivrez-moi



Quatrième de couverture :


Thursday Next, détective littéraire et agent des OpSpecs, est de retour ! Après être entrée dans l’intrigue du roman Jane Eyre, elle bénéficie d’un repos bien mérité. Elle a aussi retrouvé l’homme de ses rêves, Landen, et comme un bonheur n’arrive jamais seul, la voilà enceinte ! Seulement, la corporation Goliath ne l’entend pas de cette oreille, et pour la contraindre à libérer le criminel qu’elle a enfermé dans un poème de Poe, le groupe tout-puissant fait éradiquer son mari de la réalité ! Seule Thursday se souvient que Landen a un jour existé… Et le portail de la prose ayant disparu, elle doit subir un entraînement spécial à la Jurifiction – la police interne des livres – avant de pouvoir reprendre ses voyages à l’intérieur des chefs-d’œuvre de la littérature.


Mon avis :


Une lecture jubilatoire !!!J’ai retrouvé Thursday Next avec une très grande délectation. C’est le genre de personnage de roman auquel on s’attache très rapidement, intrépide mais souvent très nunuche limite gourdasse. J’adore !!!

Ce que j’adore surtout dans cette série c’est l’imagination, l’inventivité, l’originalité et l’érudition de l’auteur. En effet Jasper Fforde a eu une idée de génie en partant de l’hypothèse de base que les livres – et leurs personnages – ont une vie propre, et qu’il est parfois nécessaire d’aller y mettre de l’ordre. En effet, que font les personnages des romans quand ils ne sont pas au premier plan de l’action ? Et bien, ils vivent leur vie tout simplement, s’échappent parfois de l’histoire dans laquelle ils sont censés être prisonniers, et font parfois des folies. Quoi qu’il en soit, ce concept ouvre la porte à des aventures sans fin pour Thursday Next. Un livre à mettre entre toutes les mains…

Franck Thilliez, L'anneau de Moebius


Quatrième de couverture :


Lamorlaye, Oise.

Vous rêvez. Vous vous voyez courir dans votre maison, les mains en sang. La police vous recherche pour le meurtre d’une gamine que vous ne connaissez pas.

Vous vous réveillez. Et vous comprenez que ces rêves sont dans votre futur.

Vous, dans quelques jours…


Saint-Ouen, Seine-Saint-Denis.

Le corps mutilé d’une femme, enduit de vinaigre. Il semble avoir fait l’objet d’un rituel bien précis. Pour Victor Marchal, jeune lieutenant de police tout juste sorti de l’école, la descente aux enfers commence.


Aucune relation entre ces deux histoires, a priori. Et pourtant…


Mon avis :


C’est désormais une chose acquise : dès que je vois un nouveau livre de Franck Thilliez en librairie je l’achète les yeux fermés, sans me poser de questions. Une fois de plus je n’ai pas été déçu, même si quelque peu surpris au début, puisque Franck Thilliez a changé assez fortement d’optique. En effet, dans ce livre on plonge assez vite dans la science-fiction, même si le roman reste principalement, et avant tout, un vrai bon roman policier.

Pour résumer, la question que se pose Thilliez est de savoir si on peut influer sur son futur. Ici, même si je ne donnerai pas la réponse qu’il apporte à sa question, l’élément catalyseur de la réflexion des personnages sur le sujet sont les rêves.

L’intrigue et l’action sont rondement menés, il n’y a pas de temps mort, on ne s’ennuie pas une seconde.

Je n’en doute plus, Franck Thilliez, en tout cas en ce qui me concerne, fait partie des grands maîtres du polar/thriller à la française, je le considère même bien au-dessus d’un Jean-Christophe Grangé, et il n’a rien à envier aux maîtres anglo-saxons du genre. A découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Dennis Lehane, Mystic River


Quatrième de couverture :


Ce jour de 1975, Sean, Jimmy et Dave sont loin de se douter que leur destin va basculer de façon irrémédiable. Une voiture s’arrête à la hauteur des enfants, deux hommes qui se prétendent policiers font monter Dave avec eux sous prétexte de le ramener chez lui. Il ne reparaitra que quatre jours plus tard. On ne saura jamais ce qui s’est passé pendant tout ce temps.

Vingt-cinq ans après les faits, les trois garçons ont fondé des familles. Comme un écho au kidnapping de Dave, l’assassinat de Katie, la fille de Jimmy, va les mettre de nouveau en présence. A mesure que Sean, qui est devenu flic, mène l’enquête, ce sont autant de voiles qui se lèvent sur de terribles vérités.


Mon avis :


Je suis un peu déçu par ce livre. J’avais adoré Shutter Island du même auteur, du coup j’attendais beaucoup de ce roman. Je l’ai incontestablement trouvé en-dessous. Pourtant, tous les ingrédients pour faire un bon thriller sont réunis : un meurtre, des personnages torturés et tortueux, de l’action… Peut-être est-ce le côté vraiment très noir de l’écriture qui m’a gêné ? de plus, avec une lecture attentive, on finit par se douter assez rapidement de ce qui s’est passé et de qui est l’auteur du coup de feu mortel. J’avoue ne pas trop savoir pourquoi je n’ai pas été emballé. Malgré tout le livre se lit très bien et on se laisse embarquer relativement facilement.

dimanche 19 avril 2009

Bernard Werber, Paradis sur mesure



Quatrième de couverture :


Imaginez un monde uniquement peuplé de femmes, où les hommes ne sont plus qu’une légende…

Imaginez un monde où il est interdit de se souvenir du passé, où les gens n’ont qu’un seul intérêt : le cinéma…

Imaginez un humoriste qui partirait à la recherche du lieu où naissent les blagues anonymes…

17 histoires sous formes de contes, légendes ou fables.

17 histoires fantastiques pour frémir, rêver ou sourire.


Mon avis :


Quel bonheur !!! J’ai enfin retrouvé le Werber que j’aime. Certes si toutes les nouvelles de ce recueil ne sont pas égales, cela faisait très longtemps que Bernard Werber n’avait pas produit quelque chose d’aussi bon et créatif. Je me suis laissé embarquer par ces histoires fantastiques, souvent proches de la réalité.

Pour moi, la grande nouveauté dans ce recueil c’est le souci d’écologie et de sauvegarde de la planète qui anime Werber tout au long de ces histoires. On pourrait presque lui reprocher d’être parfois trop « extrémistes » dans les idées développées, notamment dans la première nouvelle qui a pour titre : « Et l’on pendra tout les pollueurs ».

J’ai eu quelques coups de cœur pour certaines de ces nouvelles : « Et l’on pendra tous les pollueurs », « Le sexe des fleurs » - qui est sans doute le plus beau texte de ce livre –, « Meurtre dans la brume », « Là où naissent les blagues » – Texte très noir sur le besoin d’humour –, et « Un amour en Atlantide ».

Je ressors de cette lecture réellement enchanté et rempli d’attentes vis-à-vis des futurs livres de Werber. Les derniers m’avaient beaucoup déçu, je trouvais qu’il commençait à s’encroûter royalement dans ses thèmes de prédilection. Avec Paradis sur mesure Werber a réellement su se renouveller et je n’aimerais pas être déçu une nouvelle fois…

Eric-Emmanuel Schmitt, La Part de l'Autre



Quatrième de couverture :


8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé.

Que se serait-il passé si l’Ecole des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ?

Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde…


Mon avis :


L’idée de départ de Schmitt était très intéressante et originale : que se serait-il passé si le destin d’Hitler avait été tout autre ? Pourtant je me suis un peu ennuyé dans ce livre, trop de longueurs à mon goût.

La structure du livre est très intéressante : on suit la vie du vrai Hitler en parallèle de ce qui aurait pu être sa vie s’il était devenu un artiste comme il le souhaitait. C’est d’ailleurs cette structure qui m’a amené à me poser à plusieurs reprises la question de savoir ce qu’aurait été ma vie si j’avais suivi d’autres chemins. Au niveau personnel, je trouve que c’est une démarche relativement dangereuse car elle est potentiellement génératrice de regrets. Au niveau historique c’est un autre problème : on ne refait pas l’histoire, elle est ce qu’elle est et ce que les hommes en ont fait, on ne peut pas revenir dessus. C’est pourquoi, à mon humble avis il faut prendre ce livre uniquement pour ce qu’il est : une fiction et surtout ne pas chercher à y voir une réécriture de l’histoire.