lundi 14 septembre 2009

Daniel Mendelsohn, Les Disparus



Quatrième de couverture :


Enfant déjà, Daniel Mendelsohn savait que son grand-oncle Shmiel, sa femme et leurs quatre filles avaient été tués dans l’Est de la Pologne en 1941. Plus tard, il découvre des lettres désespérées de Shmiel à son frère, installé en Amérique. Des lettres pressant sa famille de les aider, des lettres demeurées sans réponse…

Parce qu’il a voulu donner un visage à ces six disparus, Daniel Mendelsohn est parti sur leurs traces. Cette quête, il en a fait un puzzle vertigineux, un roman policier haletant, une plongée dans l’histoire et l’oubli – un chef d’œuvre.



Mon avis :


Je retombe, une fois de plus dans l’une des périodes de notre histoire qui me passionne le plus – l’une des plus sombres, si ce n’est la plus sombre – la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Si je m’intéresse autant à cette période c’est, sans doute, pour tenter de comprendre pourquoi l’homme a été capable de tels actes, mais c’est aussi pour ne pas oublier ce drame et contribuer, avec mes très modestes moyens, à faire en sorte que cela ne se reproduise jamais.

A de nombreuses reprises j’ai failli abandonner ce livre, sa monumentalité me faisait peur – il m’a d’ailleurs fallu presque trois semaines pour en venir à bout – d’autant que certains passages m’ont profondément ennuyé. Pourtant je me suis accroché et, au bout du compte, je ne regrette pas d’avoir mené cette lecture à son terme. L’auteur a réussi à faire de cette histoire familiale qui, lorsque l’on regarde l’ampleur de la Shoah (près de six millions de morts), n’est en fait qu’une histoire assez banale, un grand livre. Mendelsohn a réussi à combiner la petite histoire à la grande Histoire, chose qui n’est pas toujours aisée.

Ce livre n’est pas un simple livre d’histoire ni, non plus, un simple récit journalistique. On suit l’auteur au fil de ses pérégrinations pour connaître – et comprendre – ce qui est arrivé à cette branche disparue de sa famille et tour à tour le livre devient un récit de voyage, un livre historique, un roman policier, un recueil de culture juive et Yddish, un livre de témoignage (en effet il a rencontré les quelques survivants du village-berceau de sa famille). Si ce livre est un mémorial familial il est aussi un mémorial dressé à tous ceux qui ont souffert de cette période, vivants ou morts.

A lire pour ne pas oublier…