mercredi 1 octobre 2008



Quatrième de couverture :


« Malraux et moi, ce fut une grande histoire, et j’aimerais trouver pour en parler aujourd’hui les accents de ma passion d’alors, qui exaspéra mes amis les plus intimes, et fit rigoler les autres. J’éprouve la même difficulté que les gens qui racontent un premier amour. Je l’aime toujours, bien sûr, mais mon cœur ne fait plus un bond en voyant ses photos, mes joues ne se mettent pas en feu à chaque fois que j’entends prononcer son nom, mon cœur n’est pas « brûlant dans ma poitrine » quand je parle de lui. C’est un peu poussiéreux ; cela devrait me rassurer, mais m’attriste en réalité.

Reste toujours sa voix. Je ne peux pas l’entendre sans que mon poil se hérisse, et que ma gorge se noue.

Il est mort, bien sûr, mais le fait qu’il fût vivant n’a jamais eu une très grande influence sur notre vie commune. »

Depuis un coup de foudre lors d’une dictée par un gris matin d’automne dans un collège du Maine-et-Loire, sa folle passion a conduit Alix de Saint-André à toute sorte d’extrémités. Pour l’amour de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole, visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d’universités new-yorkaises, tenté un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d’une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d’un roman. Jusqu’au jour où elle s’est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros…


Mon avis :


Je dois bien avouer que dans le cas de ce livre j’ai beaucoup de mal à me faire un avis tellement le livre est inégal. J’ai adoré certains passages du livre et totalement détesté d’autres. En fait, les passages que je dis avoir détesté je ne les ai pas compris. Dans une grosse première partie du livre j’ai retrouvé l’Alix de Saint-André que j’aime : un très beau style, très littéraire, bourré d’humour et de petites phrases assassines. Elle retrace la genèse de son amour pour Malraux, nous apprend comment elle en est venue à l’écriture. C’est excellent. Dans cette première partie un chapitre est déjà totalement imbuvable, celui dans lequel elle nous parle de sa maîtrise sur Malraux. A son crédit elle prévient le lecteur qu’il peut zapper ce chapitre et que la non lecture de ce dernier n’influencera en rien la compréhension de la suite du livre. Soit ! Etant têtu je me suis fait un devoir de lire ledit chapitre. Elle avait bien raison, j’eus pu aisément m’en passer.

La lecture se gâte approximativement vers la fin du deuxième tiers du livre où elle tombe dans l’analyse littéraire pure et dure. J’avoue avoir lu le livre jusqu’à la dernière page alors que je voyais seulement des mots défiler devant mes yeux. Pour bien appréhender cette partie du livre il faut être spécialiste de Malraux, de Proust, de Chateaubriand et de Rousseau. Visiblement elle déteste Rousseau et ne m’a pas donné envie de le lire.

J’ai malgré tout bien ri à de nombreux passages, cette femme étant totalement folle (mais dans le bon sens du terme). Pour l’amour de son auteur elle e fait des choses insensées comme de faire du journalisme, comme – afin d’imiter le maître – de se rendre dans la Bosnie en guerre, s’imaginant que cette guerre était la Guerre d’Espagne de la fin du XXe siècle. Pour ne rien gâcher elle s’est liée d’amitié avec la fille de Malraux dont elle réalise une quasi hagiographie.

Alix de Saint-André n’a pas réussi à me donner envie de lire Malraux, par contre elle m’a grandement donné envie de lire Proust et Chateaubriand, et si je finis le nez dans le ruisseau, ce sera bel et bien la faute à Rousseau…

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